Avertissement
Les personnes citées dans cet article ne sont absolument pas l’objet de la présente critique. Pour être un peu au courant, leur travail est admirable à plus d’un titre. Non l’objet de la critique est la perversion d'un système contraignant des gens à ne fonctionner que d’une seule manière.
Histoire Européenne
Au début des années 2000, un nouveau genre de technique pour le bien-être psychologique et physique a été importée en France en provenance des Etats-Unis : l'EFT : Emotionnal Freedom Technique (Technique de Libérté Emotionnelle), dont le fondateur se nomme Gary Craig. En réalité cette technique ou du moins sa version originale avait déjà été présentée dans un ouvrage paru en français en 1997 aux éditions du Souffle d'Or : Cinq minutes pour vaincre l'anxiété par la kinésiologie, du Dr Roger Callahan - à qui l'on doit la merveilleuse découverte du principe de base de l'EFT.
Cette importation s'est principalement réalisée au travers le monde entier par le biais d'internet - notamment grâce à la volonté de son fondateur de mettre en ligne gratuitement un manuel d'utilisation de sa technique afin de la partager au plus grand nombre. Gary Craig avait très bien compris les importantes implications que l'EFT pouvait avoir sur la vie des gens et sur la paix dans le monde par voie de conséquences. Son intention était sans équivoque et confirmée par la mise de l'EFT dans le domaine public en fin 2009 pour cause de retraite. Deux ans plus tard, s'est produit un coup de tonnerre marquant la fin de ce que je nomme la culture du partage.
Développement
En Suisse et en France j'ai vu l'EFT grandir du point zéro jusqu'aux nouvelles "institutions" qui commencent à voir le jour un peu partout en Europe. Tout ce que je peux dire c'est que ce développement n'a finalement pas suivit l'intention initiale de Gray Craig. Au commencement la méthode s'est fait connaître par les échanges, le partage d'expériences, de trucs et astuces, de nouvelles applications, au travers des Forums de discussion souvent dédiés à d'autres méthodes. Les premiers sites à diffuser de l'information gratuitement en français furent ceux de Sophie Merle (USA) et Louise Gervais (Canada) qui sont aujourd'hui devenues des références francophones grâce à leur travail de pionnière en Europe. Nous devons le premier ouvrage en Français sur l'EFT à Sophie Merle et la traduction du manuel de Gary Craig à Louise Gervais. Nous sommes entre 2001-2006. A cette époque je tenais, sans aucune prétention, un des rares blog diffusant de l'information en français.
La méthode a véritablement commencé à prendre de l'ampleur en France et en Suisse dès 2007-2008. Sites, vidéos, livres, propositions de formations se sont multipliés sur la toile. En 2011, s'est déroulé le premier Congrès Virtuel d'EFT (gratuit) sur l'initiative de Maria Anëlle et de Noël Cassan, et en 2012 le premier Congrès Francophones d'EFT organisé par Catie Bertoux. L’EFT pour les nuls a été traduit et adapté par Jean François Gurret. Des instituts et écoles de formation ont été créée notamment l’Ecole EFT France de Geneviève Gagos, qui ne dispense déjà des formations qu'aux professionnels de la santé et la relation d’aide.
Confirmation
La bonne nouvelle c'est que cette merveilleuse technique qu'est l'EFT a réussi à s'imposer en France. La mauvaise c'est que toute la culture du partage sur laquelle elle est née s'est totalement effondrée. Contrairement à l'intention de son fondateur, l'EFT et même ses utilisateurs se sont fait absorbés par notre système de consommation capitaliste. Qu'est-ce qui a changé ? Ayant vécu cette transition je peux témoigner du changement radical d'état d'esprit : - le partage d'information pratique a quasiment cessé. Autrement dit il a été réglementé par les prix d'accès aux formations et autres prestations, produits créées spécialement à cet effet. L'information utile, pratique, celle qui peut directement aider une personne à mettre elle-même en application une stratégie efficace a pratiquement disparu de la toile francophone. Sur Facebook, il existe plusieurs groupes consacrés à l'EFT mais quasiment aucun ne donne d'autres informations que des informations à but commercial. Il n'y a même aucun échange de fond sur la méthode et ses évolutions. La plupart des sites internet ne divulguent gratuitement que des informations qui ont déjà été diffusées depuis longtemps par des sites anglophones sur l’initiative de Gary Craig. Vous ne trouverez rien sur les dernières innovations (trucs et astuces). Le dernier site donnant encore quelques informations sur de nouveaux procédés dérivés, exercices pratiques, était celui de Sophie Merle, la fondation française d'EFT mais cela aussi c'est terminé. Beaucoup de ses articles ont été commercialisés sous la forme d'e-book.
Stupéfaction
Tout ceci m'aurait sans doute moins choqué si je n'avais pas vécu ce changement de culture, si je n'avais pas vu des personnes avec lesquelles le partage et l'échange était une chose normale à une époque tourner soudainement leur veste en refusant de m'expliquer brièvement une technique qu'ils ont apprises (d’échanger nos savoirs hors du cadre d’une formation), si je n'avais pas lu un de mes messages posté sur un forum publié dans un livre chez un éditeur ou constaté qu'une photo de moi-même était utilisée dans une présentation pour une formation payante. La question ici n'est pas celle de la propriété intellectuelle et des conséquences naturelles du partage, qui implique que tout le monde peut utiliser librement ce qui est partagé et donc que chacun doit accepter le fait que l'usage qui en est fait ne nous appartient plus. Non, la question générale est celle de l'exploitation et de la récupération commerciale du don. Le souci d'une telle récupération n'est pas "anodin" car vos propres contributions, quel qu'en soit l'importance, risquent d'être privatisées, c'est-à-dire que vous n'avez potentiellement plus le droit d'en faire usage, ni de continuer de le partagé gratuitement si quelqu'un à l'idée d'y coller un "copyright" avant vous. Pour ma part, j'ai continué à donner de l'information gratuite mais aujourd'hui j'hésite de plus en plus. Je redoute que cela soit repris et exploité. Je publie de moins en moins d'exercices, de stratégies, de conseils. J'entre dans le jeu dans le sens où ma crainte de libérer l'information, de la faire circuler provoque précisément ce que je dénonce : l'effondrement de la culture du partage.
Marchandisation
Dès l'instant où quelque chose devient une marchandise, un moyen de survivre pour ceux qui on décidé d'en faire une profession, ces derniers sont contraints de protéger leur bien de consommation, de garder pour eux leurs secrets de fabrication et de faire payer l'accès à leurs produits. L'argument imparable contre une certaine gratuité de l'information est que "tout travail mérite salaire". Il est évident que le temps passé à recevoir des personnes pour résoudre leur problème, que le temps passé à former des personnes ou à écrire un livre doit être rémunéré - que dans une société fondée sur l'économie nous ne pouvons pas faire autrement. Le problème n'est pas ses activités en soi mais le fait qu'elles soient devenues des moyens exclusifs d'échanger l'information. La crainte derrière l'idée d'un partage gratuit, en parallèle à des échanges économiques ordinaires, est de nuire à sa propre activité professionnelle et perdre sa clientèle. Pourtant l'expérience de Gary Craig a démontré que cela n'était pas le cas, et qu'au contraire cela a bénéficier à la reconnaissance mondiale de sa méthode.
La culture du partage semble incompatible avec toute activité professionnelle et commerciale. Ce conflit d'intérêt est tout à fait compréhensible entre deux mondes si opposés : - c'est une question de choix personnel. Cependant ce choix n'est pas sans conséquence sur le monde libre du partage car d'une part il produit la confiscation d’un savoir libre, de l'autre il organise la distribution de la légitimité de l'exercice de cette "pratique". Suivre ce changement sans y participer vraiment, vivre en directe la formation d'un consensus, s'est avéré être une expérience très intéressante et enrichissante d'un point de vue sociologique. Nous n'imaginons pas la force et la crédibilité que peut avoir le fait de former une communauté autour d'une activité. En réalité, une chose n'acquière de légitimité sociale que par l'adhésion de membre à une communauté, sauf que cette adhésion n'a pas toujours lieu comme nous le pensons, en libre conscience.
Naissance d'une communauté
Qu'en est-il ? Au départ, nous trouvons toujours *un membre fondateur qui élabore sa propre pratique de façon singulière, s'inspirant de son expérience et de celle de ses prédécesseurs. De cette pratique il finit par en définir les règles et se sont ses règles qu'il enseignera ensuite à d'autres personnes. Parmi les gens prétendant pratiquer sa méthode le fondateur ne reconnaît que ceux qui ont suivit son enseignement directement ou indirectement par voie de filiation, c'est-à-dire uniquement ceux qu'il a agrées et suivent les règles enseignées. Dès le départ s'instaure une relation de pouvoir où la reconnaissance de l'élève par le maître (formateur) est fondée implicitement sur la reconnaissance et l'acceptation de ses règles. La validation d'un savoir est toujours en même temps une forme de soumission à un ensemble de règles définies. Le maître détient un puissant pouvoir de suggestion sur l'esprit de ses élèves car ces derniers sont précisément dans l'ignorance du fondement de ce qu'ils apprennent, tout comme le maître est d'une certaine façon victime de ses croyances. Aucun élève n'adhère à un enseignement en toute liberté, c’est-à-dire par un choix avisé. Il y adhère par apprentissage même de l'enseignement. La remise en question ne surviendra que plus tard lors de la confrontation avec son expérience personnelle.
Arrivé à un certain seuil la communauté des membres adhérant à ses règles, non par choix mais par apprentissage de la méthode, peuvent imposer encore plus facilement leurs règles aux nouveaux "membres" et même affirmer leur rang hiérarchique dans la communauté. Cependant, cette hiérarchie n’est pas ici organisée en grade. C’est une hiérarchie « naturelle » où le plus ancien de la tradition de filiation est implicitement considéré comme étant supérieur aux derniers arrivés. Il y a un fondement concret à cela – cependant il n’est pas toujours présents.
Auto-légitimation
La communauté elle-même trouve sa légitimité (auto-légitime) au travers le nombre de personnes qui reconnaissent et adhèrent à ses propres standards, c’est-à-dire au travers son « poids social ». Hors ce poids ne s’acquière que par un échange, une transaction de reconnaissance réciproque. Le membre est reconnu par la communauté lorsqu’il a lui-même montré qu’il connaissait et reconnaissait ses standards. Ainsi la communauté obtient sa reconnaissance propre au travers la validation du savoir d’un membre (en se posant en autorité) et le membre au travers l’acte de recevoir le titre associé à ce savoir – assurant la pérennité de la tradition. De même, une autre stratégie visant à instaurer une certaine légitimité et autorité d’un membre auprès de ces patients/clients consiste à être « agrée par une association » relative à l’activité en question. L’association confère une crédibilité par son « poids social ». Hors lorsque l’on y réfléchit bien une association c’est plusieurs membres qui décident de se reconnaître entre eux. C'est une légitimité basée sur un consensus entre plusieurs personnes qui s'accordent sur les principes et pratiques communes mais un consensus biaisé dès le départ du fait que tous les membres ont chacun appris la même chose. La communauté formée autour de l'EFT n'a pas échappé au fonctionnement social des groupes humains et aux sectarismes qui y règne lorsqu'il s'agit de remettre en question le savoir et le savoir-faire consensuel – ciment de la communauté.
Suite de l'Histoire
Avec le temps va, tout s’en va….
Gary Craig, qui était auparavant très souvent cité en référence dans les discussions et même parfois adulé, est aujourd'hui critiqué pour ses positions conservatrices à propos du fonctionnement de sa méthode. Plusieurs anciens élèves ont remis en question les règles de fonctionnement de l’EFT telles qu’il les enseigna jusqu’à sa retraite en 2009 – lui reprochant même un certain dogmatisme. Certains lui reprochent de ne pas avoir su évolué. Aux regards de certaines critiques sa méthodologie semble être quelque chose de dépassé et poussiéreux. Bien que l’EFT ait été remis dans le domaine public en 2009, celle-ci a été « récupérée » par Bruce Lipton, chercheur et scientifique américain, qui est devenu en quelque sorte le « nouveau chef » de fil de la méthode, au sens où depuis 2009 c’était à lui et ses formations (un peu différentes de celles de Gary Craig) que l’on fait référence en matière de standard EFT. Ceci marque l’entrée de l’EFT au sein de la communauté scientifique. Mais ce n'est pas encore le fin mot de l'histoire...
Co-développement
Parallèlement au destin de l’EFT en tant que méthode spécifique, il s’est développé une très grande diversité de méthodes dérivées ou de variantes - faisant proliférer ainsi pour le meilleur et pour le pire des acronymes de toutes sortes : TAT, BSFF, WHEE, SET, PET, Faster-EFT, PEAT, Z-Point, Zensight, etc. Cette prolifération montre toute la richesse dont est capable une authentique culture du partage. A partir d’échanges d’informations et d’expériences personnelles dans un milieu libre (internet, etc), la créativité en la matière s’est décuplée. Cependant, ces méthodes dérivées n’échappent pas au mercantilisme ambiant et subissent exactement le même sort que l’EFT avec toutes les « abus » que le système marchand peut induire. Dans bons nombres de cas, la différence de fond ne justifie aucune nouvelle appellation dans le sens où il ne s’agit que d’adaptations personnelles, de différences de formes, d’ajouts parfois insignifiants. Une nouvelle appellation ou marque sert malheureusement souvent à revendiquer une pseudo-propriété intellectuelle, c’est-à-dire un droit d’exercer librement dans le contexte d’une exploitation commerciale tout en bénéficiant d’une reconnaissance personnelle. Nous avons tous dans notre métier une façon personnelle de travailler, de composer avec les règles générales, mais ce n’est pas pour cette raison que nous en faisons une marque déposée à chaque modification ou amélioration de nos procédure de travail.
Au-delà de ce cas de figure, les méthodes dérivées s’avèrent être aussi différentes applications d’un même principe, qui se sont parfois développées tout à fait séparément. A un niveau encore supérieur de contribution ces méthodes naissent de l’intégration féconde d’une approche à une autre déjà existante. Par exemple, même l’EFT, dans sa forme originale, développée par Gary Craig, est purement et simplement d’inspiration psychanalytique en ce qui concerne l'approche. Le principe général étant de rechercher des événements spécifiques du passé à l’origine d’un problème présent, de les verbaliser et de libérer les émotions associées à ces événements. Avec le temps, il a lui-même introduit d’autres approches à l’EFT. L’approche d’inspiration cognitive avec ce qu’il appelle « les écritures sur le mur », désignant ce que l'on se dit verbalement à propos de ce que l'on perçoit (les pensées sur la perception). Une approche d’inspiration corporelle avec la technique de « suivre la douleur ».
L’approche comportementale a été intégrée à l’EFT avec des variantes comme la méthode du choix du Dr Patricia Carrington. Provocative Ernergy Therapy de David Lake et Steve Wells intègre l’approche paradoxale à l'EFT, avec notamment l’utilisation d’injonctions paradoxales, de prescriptions de symptômes et de l’humour - formalisé par Frank Farrelly, cette approche est inspirée des travaux de Milton Erickson (hypnose) mais aussi de Paul Watzlawick et Giorgio Nardone (thérapie stratégique). Une autre application de cette approche paradoxale est la technique du Conflit de Patricia Carrington. La technique « Matrix Reimprinting », avec son discours sur fond de physique quantique, est une approche inspirée de l'hypnose ericksonnienne. Il s'agit de l'intégration et adaptation de la technique de la ré-empreinte de Robert Dilts (PNL), qui s’est lui-même inspiré du changement d’histoire personnelle crée par Milton Erickson. Energy EFT de Silivia Hartmann utilisant l'énergie du cœur intègre des éléments de cohérence cardiaque développé par l'institut Heartmath. L’approche systémique, l’approche contemplative (pleine conscience), sont en cours de téléchargement…etc…
On s 'y perd ? Tout ceci semble trop complexe ?
Pour décrire ce qui se passe de façon simple, il serait plus juste de dire que le principe de base de l’EFT, c’est-à-dire la stimulation des méridiens combinée à la concentration sur un aspect de notre expérience, est en train d’être intégré à toutes les approches et postures psychologique existantes dans le domaine de la psychologie, du développement personnel, de la spiritualité et même de la physique quantique. D’une certaine façon, il s’agit de l’unification des modalités utilisant l’énergie aux modalités utilisant de l’information, et la véritable révolution se trouve là.
Reconnaissance scientifique
La reconnaissance de l’EFT par le milieu scientifique et médical est une très bonne chose pour toutes personnes en recherche de sécurité, désireuse d'éviter les arnaques et l'incompétence. Cependant, cela ne sera pas forcément une bonne chose pour les membres de la communauté de professionnels qui ont œuvrés pour cette reconnaissance. Dès l’instant où une pratique est reconnue d’intérêt médical, qu’elle entre dans le champ linguistique de la médecine ou de la psychologie clinique, son exercice en-dehors du cadre et des standards fixés par ces disciplines risque d’être qualifiée d’exercice illégal de la médecine. La communauté scientifique est une méta-communauté qui aujourd’hui s’arroge le droit et le devoir de vérifier la validité des standards adoptés par une autre communauté. Ainsi la reconnaissance d’une pratique n’entraîne pas nécessairement l'agréation de tous ses praticiens. Dans le meilleur de cas, seuls ceux issus de « centres de formations » qui auront été agrées seront reconnus dans un nouveau système de législations des titres et d’accès à la formation (prérequis) . Les psychanalystes, pourtant en place depuis des décennies commencent à faire les frais de la non- reconnaissance scientifique de leur activité et de leur refus de la soumettre à évaluation. En France, la protection du titre de "psychothérapeute" impose depuis 2009 d’être titulaire d’un doctorat de médecine ou d’un master de psychologie (ou de psychanalyse sous conditions). Le droit d’exercer une pratique comme l’EFT une fois reconnue ne pourra continuer que dans un champ linguistique différent de celui de la psychothérapie - dans celui du coaching ou du développement personnel, alors que dans le fond se sont exactement les mêmes aspects de l’expérience humaine qui sont abordé par cette pratique. Le champ linguistique et lexicale a la vertu de rendre des pratiques tout à fait identiques dans les faits différentes en apparence– notamment par la redéfinition de son intention.
Conclusion
La professionnalisation d’une activité provoque irrémédiablement un effondrement de la culture du partage au profit de la culture de l’échange économique, un effondrement de la connaissance public au profit du secret de fabrication privé, un effondrement de la liberté au profit du pouvoir et du monopole. Nous aurons toujours besoin d’un professionnel dans le sens où nous ne pouvons pas apprendre à tout faire nous-même. Cependant nous devrions avoir l’opportunité de pouvoir le faire librement si nous le désirons - sans que des corporations auto-proclamées s’arrogent des droits et imposes des devoirs, limitant l’accès à l’information pour des raisons commerciales. Tant que le mythe de la concurrence sera considéré comme un facteur de progrès social et technologique nous ne verrons pas qu’en réalité la stratégie du secret de fabrication, dans la course à la réalisation d’un objectif, génère au contraire un ralentissement du progrès. Le célèbre syllogisme suivant illustre très simplement ce propos.
Un individu sait que "Socrate est un homme". Un autre sait que "Tous les hommes sont mortels". Mais tant qu’ils ne partagent pas leurs informations, aucun des deux ne peut savoir que « Socrate est mortel ». Combien de temps faudra-t-il à l’un ou l’autre pour trouver une information manquante et être le premier à découvrir un nouveau savoir ? La culture du partage est capable de créer une richesse insoupçonnée car en réalité chacun est en concurrence avec son problème, sa cause, et trouve des solutions grâce à la disponibilité de l’information, c'est-à-dire dans la possibilité d’assembler les pièces qui lui manque. Ceux qui ont vécu la naissance d’un consensus savent très bien qu’ils doivent leur nouveau statut et rang à ceux qui ont échangé leur savoir avec eux. Pour clore cet article non-exhaustif sur cette question voici l'intervention d'un formeur (Amadeus) à propos de la question de la propriété intellectuelle :
« Si certains ont pu faire des découvertes c'est parce qu'ils ont ajouté leur étincelle à la longue chaîne du savoir de ceux qui les ont précédés. Et ce n'est pas parce qu'ils ont ajouté le dernier maillon de la chaîne qu'ils ont le droit de s'approprier la chaîne en entier. Si ceux qui les ont précédés avaient empêché les autres d'utiliser leur découverte, eux n'auraient pas pu découvrir ce qu'ils prétendent leurs appartenir. Le savoir comme les richesses doivent faire partie du bien commun et être a la portée de tous. »
Youri Badel, 2012
PS: En 2013, Gary Craig revient sur le devant de la scène EFT en mettant en ligne un nouveau site en association avec sa fille Tina Craig - récupérant l'adresse de son ancien site http://www.emofree.com/ Son nouveau site évoque principalement les standards EFT selon son créateur. La même année il publie son manuel en format livre papier et électronique et demande à toutes les personnes mettant son ancien manuel en téléchargement gratuit de les retirer.




